Le constat

La déliquescence culturelle est d'abord idéologique

Les grands débats de politique culturelle ne sont plus centrés sur les finalités (le vrai, le beau, le bien) mais sur les moyens (numérisation des œuvres, explosion d'internet, droits de propriété intellectuelle).
Depuis que la liberté de création est devenue la nouvelle idole, la culture fait l'objet d'une offensive idéologique sans précédent dans le domaine du vrai, du beau et du bien. Ces notions sont devenus de simples abstractions pour nos contemporains, alors qu'elles ont des implications extrêmement concrètes dans notre quotidien.

L'art d'éviter le beau

« L’artiste doit aimer la vie et nous montrer qu’elle est belle. Sans lui, nous en douterions », disait Anatole France.
Classiquement, l'art avait en effet pour principal objectif de représenter le beau.

Pourtant, depuis la seconde guerre mondiale et la fameuse Fontaine de Marcel Duchamp, le mot « art » a changé. Il ne s'agit plus de signifier le beau, mais de provoquer la réaction du spectateur par tous les moyens possibles. Ainsi la revue Science humaines peut-elle affirmer dans son numéro sur l'art : « Hier on attendait du spectateur qu'il dise « c'est beau. » Aujourd'hui un « c'est nul » suffit. »
Au lieu de trouver un nouveau nom à cette nouvelle forme d'expression, ses tenants ont trompé le public en l'appelant « art. »
Les gens ayant parfaitement bien retenu que l'art produit du beau, un véritable renversement des valeurs s'est opéré : comme on continue à appeler tout cela de l' « art », le public finit par penser que c'est beau, même s'il n'y comprend rien, et toute personne qui ose remettre en cause la beauté d'un monochrome est traité comme un ignorant ou, pire, un censeur !

Alors que l'art contemporain, boudé par une grande partie du peuple1, ne survit que grâce aux subventions, les frémissements d'une victoire de la manipulation commencent à se manifester. En effet, selon un sondage BVA de 2007 (Les Français et l'art contemporain), « les plus jeunes se montrent plus intéressés par l’art d’aujourd’hui, en tête chez les 18-34 ans (plus de 32% de citations). »
Le lavage de cerveau commence à porter des fruits !

Quelques exemples récents illustrent cette décadence culturelle :

– le 10 septembre 2008, Jeff Kons défigurait le château de Versailles en y exposant ses dernières créations d'art contemporain, malgré le dégoût exprimés par les visiteurs ;

– le 30 avril 2009, la cour d'appel de Paris fait interdire une exposition « Our Body » qui se présente officiellement comme « une exposition fascinante, à la fois artistique et éducative, qui présente de véritables corps et organes humains » ;

– Le 23 mars 2009, le Centre Georges Pompidou à Paris clôturait son exposition sur le vide, où les visiteurs furieux ont pu découvrir des murs d'un blanc immaculé, ponctués de textes sur le vide.

La désinformation ou la vérité en ligne de mire

Pour orienter la pensée d'une personne, il suffit de sélectionner ses informations. Si un vendeur de voiture préfère vendre un coupé sport au client B plutôt qu'au client A, il va parler au client A de sa consommation, de sa taille, du risque de rayure, du prix de ses pneus, etc.
Pour la vendre au client B, il va parler de la vitesse, de la puissance, de la ligne, de l'image renvoyée par le véhicule, etc.
Mais si quelqu'un joue les trouble-fêtes et vient donner l'intégralité des informations à l'un et à l'autre des clients, ceux-ci vont pouvoir choisir en toute objectivité, et le vendeur perd clairement le pouvoir qu'il avait d'orienter l'assentiment en filtrant les informations.

C'est exactement la même chose dans le domaine intellectuel aujourd'hui.
Depuis qu'une idéologie particulièrement destructrice a mis la main sur la culture française, les coloniaux sont tous réputés criminels, la Révolution Française (plus de 600 000 morts) est exemptée de tous ses crimes, le communisme (plus de 50 000 000 de morts) est traité avec une bienveillance coupable…

Le bien, cette valeur dépassée…

Quel est l'intérêt pour les hommes de se rapprocher du vrai ou du beau ?

Dans la tourmente des crises actuelles, qui se multiplient dramatiquement et désespèrent nos contemporains, ceux-ci ont plus que jamais besoin de s'émerveiller, de goûter aux joies de la beauté, de communier en famille ou entre amis dans une contemplation de l'esthétique.
Pour respecter les autres, pour éduquer nos enfants, pour gérer nos projets, pour respecter notre pays, nous avons tous besoin de repères stables et profondément enracinés dans le vrai.
Comment réussir à gérer son quotidien si toutes les idées se valent (c'est le relativisme), si la réalité n'est qu'illusion (c'est l'idéalisme), si on ne peut rien affirmer de manière absolue (c'est le scepticisme) ?

Ce rapprochement du beau et du vrai n'est pas qu'utile : il est nécessaire, car il contribue la perfection de l'intelligence, de la volonté et de la sensibilité, et c'est cette perfection que, forts de notre héritage culturel, nous appelons : « bien ».
En retirant ce sens à la culture, nos élites contemporaines ont affolé les boussoles et transformé la culture en vantardises intellectualistes, en pur moyen de promotion sociale ou en objet de jouissance décérébrée.

L'objectif de la culture n'est plus le bien de l'homme : c'est uniquement la satisfaction de son orgueil et de sa libido et, comme d'habitude, les plus vulnérables font les frais de cette véritable décadence dont voici trois exemples récents :

– du 16 Octobre 2007 au 12 Décembre 2008, des milliers d'enfants ont pu gonfler des sexes en plastique, mâchouiller des préservatifs ou observer des couples en train de copuler dans le cadre d'une exposition parisienne intitulée Le zizi sexuel, sous le regard attendri des médias ;

– aucun contrôle n'est exercé dans les salles de cinéma sur les publicités ou les bandes-annonces précédant les films d'animation pour enfant ;

– dans les magazines de programmes de télévision, dans lesquels les parents placent une confiance démesurée, South Park, une série extrêmement violente où l'on voit par exemple un enfant manger ses parents, est noté « Programme jeunesse » sous prétexte qu'il s'agit d'un film d'animations.

Il n'est pas trop tard !

Aujourd'hui encore les Français sont profondément révoltés par la culture qu'on leur offre et souhaitent le changement.

Chez la majorité de nos concitoyens, le bon sens triomphe encore des manipulations idéologiques.
Selon un sondage IFOP-L'EXPRESS du 27 janvier 2000, à la question : « A l'avenir les pouvoirs publics doivent-ils avant tout… » 57 % des français répondent « valoriser le patrimoine et la culture classique, » et 41% « encourager la production artistique. », ce qui signifie que les Français sont clairement pour la promotion d'une production artistique classique.

Malgré ce qu'on essaie de nous faire croire, les Français ont encore une préférence claire pour l'art dit « classique. »
Selon un sondage BVA de 2007, à la question « qu’est-ce qui vous intéresse le plus en matière d’art ? »  l'art ancien arrive en tête (29%) suivi de loin par l'art moderne (19%) ; et lorsqu'on demande aux interrogés de choisir leurs artistes préférés, 44% choisissent Van Gogh, 43% Léonard de Vinci, et… 2% Marcel Duchamp !
Les œuvres d' « art » contemporain présentées au personnes sondées sont pour la plupart incomprises, au point qu’une majorité de Français leur refusent le statut même d'œuvre d’art. C’est particulièrement le cas du monochrome de Robert Ryman que 60% des personnes interrogées n’aiment pas, considérant que « c’est n’importe quoi », du travail de Pierre Soulages (54%), et du Pape terrassé de Maurizio Cattalan (50%).

Par ailleurs les Français ont un lien privilégié avec la culture : selon un sondage récent (Gfk, Les Français et l'Entertainement, 10 décembre 2008) le livre est le premier achat culturel des Français (88%) devant les DVD (75%), les CD (69%) et les jeux vidéos (34%).

Les intellectuels et historiens de l'art sont de plus en plus nombreux à passer à l'offensive : malgré toutes les intimidations dont il a fait l'objet, Stéphane Courtois a dénoncé les victimes du communisme dans un des livres les plus vendus en France en 1997 ; Jean Sévillia a dénoncé le terrorisme intellectuel, le politiquement correct et le moralement correct dans une série de best-sellers percutants ; Christine Sourgins, Aude de Kerros ou Marc Fumaroli ont remarquablement bien dénoncé les dérives de l'art contemporain ainsi que Jean-Louis Harrouel, qui n'a pas manqué de fustiger les désastres de la contre-culture…

Enfin la France fourmille d'artistes passés sous silence parce qu'ils sont restés sensibles aux vraies valeurs alors qu'ils mériteraient pourtant d'être soutenus, encouragés et rendus célèbres.

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A en croire le succès commercial des ouvrages qui dénoncent cet état de fait et les statistiques, la grande majorité des Français est donc en parfait accord avec les valeurs portées par DEFI CULTUREL.

Notre vie culturelle souffre d’une opacité et d'un clientélisme sourd aux goûts du public.

Notre patrimoine culturel est laissé dans un état de dégradation alarmant.

Le système des subventions injustifiées pourrit le processus de création artistique.

Le système éducatif prédispose les esprits à accepter l'inacceptable.

Ça suffit !

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